Couverture du spécimen Édition

Spécimen
LCT Sbire

Design Graphique

CONTEXTE

Ce début d’année 2015 à été marqué par la sortie de notre dernier caractère typographique. Pour sa première apparition en public nous avons édité un livre spécimen que nous avons présenté lors d’un vernissage au Musée de l’imprimerie de Nantes. Ce fut un moment pour expliquer les étapes de création d’un caractère typographique.

PROCESSUS

Cette édition nous permet de montrer toutes les applications possibles du caractère. Nous avons fait vivre le LCT Sbire sur différents papiers, chacun ayant un usage particulier.  — 1 — Le spécimen permettant de voir les graisses et les glyphes réalisés. — 2 — Une utilisation de labeur (texte courant) avec entre autres une nouvelle de Gui de Maupassant, Le Horla. — 3 — Des interventions graphiques poussant le caractère dans ses retranchements. — 4 — Une utilisation plus discrète comme légende photo (photo illustrant Le Horla). La couverture en Matter bleu sert d’écrin, elle reste vierge.

Vous pouvez acquérir le spécimen en pdf sur la page dédiée au caractère.

Préface

«La typographie, une révolution permanente» par Frank Adebiaye :

«Fleuron de la Renaissance, annonciatrice de la Réforme, la typographie, cette «écriture sans plume»1, est royale et fille d’Empire. Auparavant, entre-temps et depuis lors, elle aura engendré une infinité de révolutions. Elle est cette histoire en marche, implacable, se «hâtant lentement»2 mais aussi sûrement que le pas cadencé des «vingt-six soldats de plomb»3 qu’elle arme continuellement de mots, de ponctuation, de rythmes pour se jeter à corps perdus dans la bataille rangée, dérangeante et salutaire des idées, des amours, du génie des hommes. Dans ce contexte, la typographie épouse les contours de l’époque tout en l’inscrivant dans le temps long. Elle est, plus que jamais, art de l’instant et art de mémoire.

À sa suite, la création typographique contemporaine met en scène le dialogue réinventé du calame, de la plume, du stylo, de la machine à écrire, de l’ordinateur et désormais des appareils mobiles, incarnant une tradition moderne. Pour ne prendre que le cas de la France, la scène typographique n’a jamais été aussi dynamique. Le carnaval de ses formes et de ses pratiques chamarrées se poursuit se doublant du renouveau contemporain, instruit et accessible, des formes de l’histoire.

Témoin de nos doutes, complice de nos accélérations, la typographie amplifie nos géographies intérieures, nous fait parcourir en quelques millisecondes des milliers de kilomètres en un battement de cils. Avec elle, ses formes subtiles ou tapageuses, nous crions, murmurons, tantôt invisibles, tantôt manifestes, tour à tour nous contons et comptons. Chaque jour, aventuriers, émissaires, suivant le cours ordinaire ou étrange de nos conversations et de nos langages, nous levons l’encre avec à notre bord les caractères, ces armadas de signes, plein d’ailleurs et de mystères familiers. «Du monde entier au coeur du monde»4, la typographie nous donne à lire, écrire, penser et panser la forme civilisée, lisible, communicable de nos clavardages, de nos requêtes, de nos injonctions que nos impatiences empruntent chaque jour à sa geste lente, apprise et répétée mille fois.»

#nodisplay

1 — Selon la définition de Christophe Plantin qui désigne la typographie comme «l’art d’écrire à la presse sans plume» — 2 — Suivant la devise de l’imprimeur vénitien Alde Manuce : festina lente – «hâte-toi lentement» — 3 — Allusion au mot célèbre de Benjamin Franklin : «donnez-moi vingt-six soldats de plomb et je conquerrai le monde» — 4 — Emprunt au titre du recueil de poésies complètes de Blaise Cendrars

Portrait d'Ugolino Martelli
Agnolo Bronzino — 1540.

Pour nous, graphistes, la rencontre quotidienne entre image et typographie est une ritournelle, un prélude à la création. La chose typographique et le métier de graphiste sont intimement liés.
La pratique du dessin de lettre et de la calligraphie ainsi que notre passage au Musée de l’Imprimerie de Nantes pour s’initier au métier de typographe, ont fait naître l’envie de dessiner nos propres caractères typographiques. Le plomb, lourd d’histoire, a forgé notre œil.
Il s’est familiarisé aux formes généreuses des caractères et au bel ouvrage. Ensuite, travail assidu et pratique numérique ont donné naissance à la fonderie Lct, qui, aujourd’hui s’enrichit d’un caractère de labeur, le Sbire.

LANCEMENT DU CARACTÈRE TYPOGRAPHIQUE

Musée de l'imprimerie

Nous avons choisi de présenter notre caractère typographique au Musée de l’imprimerie de Nantes car nous jugions le lieu opportun. Le pont crée à ce moment entre tradition typographique et pratiques modernes nous semblait important et explicite.

L’exposition c’est déroulée du 19 au 28 janvier 2015.